PERSONNE N'A RIEN DIT A LA CIGOGNE

FLUID 6.jpg

Adaptation et lecture mise en espace des monologues de

la Supplication 

de Svetlana Aleksievicth

Dans une atmosphère de fête, des acteurs préparent un repas à partager. A partager avec ceux qui ont témoigné, avec les fantômes, vivants ou morts, avec les autres présents, ceux qui écoutent, les spectateurs.
Ils font circuler des rumeurs, absurdes, drôles, tragiques.
Alors qu’une polyphonie de voix nait, entre le choeur d’un village, un opérateur de cinéma, et un défenseur du pouvoir soviétique, on continue de peler des pommes de terre pour faire de la vodka, car c’est « le meilleur remède contre le strontium et le césium ».
Parfois, une voix dans un micro laisse échapper les fragments du monologue:
« une voix solitaire », une voix qui dit l’Amour d’une femme pour son mari, un liquidateur.

 

 

26 avril 1986…

L’URSS s’apprêtent à fêter le 1° mai.  

 

 

En 2015, je découvrais en écoutant une émission de radio, des extraits de monologues de la Supplication. J’écoutais l’auteure parler.
Un monde incroyable prenait vie dans mon imaginaire. J’explore depuis, ces confessions, cherchant la meilleure des formes à mon sens pour faire entendre cette parole universelle. J’ai cherché dans tous ces récits comment ces hommes et femmes parvenaient malgré tout, à surmonter leur réalité, d’où venait cette force qui les maintenait en vie, malgré les souvenirs, les douleurs, la fatalité. Et, puis , j’ai rêvé des moments de fêtes insouciantes du temps où leur nation était la sacro sainte puissance, leur mère patrie, du temps où nous-même ignorions tout. 

Personne  n’a rien dit à la cigogne propose  la mise en espace et le montage de certains monologues extraits de la Supplication.

 

Vrais héros ou héros en puissances, les oubliés de Tchernobyl ont été et restent les dindons d’une farce tragique, en état de choc permanent.
Aujourd’hui, vivants dans un monde de science -fiction, sur une terre- laboratoire, ils forment une communauté d’une profonde humanité.

Extraits:

Au moment du départ, j'ai mis dans une sacoche un peu de terre de la tombe de ma mère. Je suis resté à genoux :

« Pardonne-moi de te laisser. » Je suis allée là voir la nuit et je n'avais pas peur. Les gens inscrivaient leurs noms sur leurs maisons, sur les poutres, sur les palissades, sur l’ asphalte.

....

Amis ne pleurez pas! pendant tant d'années nous avons été des kolkhoziennes progressistes, des stakhanovistes, nous avons survécu à Staline et à la guerre.

Si nous n'avions pas ri,

si nous ne nous étions pas amusés

nous nous serions pendues.

P1080467.JPG

Avec:

Béatrice Courcoul - Cyrille Laurent - Catherine Legrand -Sophie Zanone. 

Adaptation - mise en scène ::

Pascale Karamazov

Création sonore:

Hervé Fréguis.

FLUID CORPORATION